Les zones côtières jouent un rôle très important dans l'équilibre planétaire. Elles sont le siège d'une forte productivité, concentrant l'essentiel de la biomasse océanique. En Mauritanie, une étude réalisée en 2001 a démontré que 56% de la biomasse nectonique se trouve dans la zone comprise entre 3 et 20m

La Baie de l'Étoile, à l'intérieur de la Baie du Lévrier est un écosystème unique en Mauritanie (seule zone à Spartina), est une aire de passage d'oiseaux migrateurs.

Au centre, la Grande plage située entre Nouamghar et Nouakchott est une zone de migration d'espèces.
Au sud, le Bas Delta, zone estuarienne, correspond à un milieu important pour de nombreuses espèces marines puisqu'elles sont soit des zones de reproduction soit des zones de grossissement des juvéniles.
Cette richesse halieutique est due en grande partie à la topographie de la côte d'une part et à un ensemble de facteurs hydrodynamiques et climatologiques dominants d'autre part. La zone maritime mauritanienne constitue un carrefour des eaux froides du courant des Canaries et des eaux chaudes du Courant de Guinée. Elle est aussi le siège de phénomènes de remontée d'eaux froides (upwelling) qui remettent en suspensions les éléments nutritifs.

Avec la présence d'une sécheresse persistante, la Mauritanie est confrontée à un exode massif vers les villes littorales. Au nord, la baie du Lévrier, milieu semi-fermé, fait l'objet de fortes pressions liées au développement économique et urbain de la ville de Nouadhibou, avec la présence de ports maritimes et industriels (pêche, minerais, hydrocarbures,). Un recensement effectué en 1996 notait une série de sources de pollutions importantes dans la baie de Cansado : absence de traitement pour le rejet de eaux usées des usines de transformation, rejets d'égouts (ville, port autonome, polyclinique), rejets de la centrale électrique (eaux chaudes et souillées), rejets de l'industrie minière, rejets divers des activités portuaires (huiles, carburants, eaux de ballast). Aussi, on note la présence d'une autre source de pollution extrêmement importante qui provient des nombreuses épaves abandonnées dans la baie dont 36 sont jugées « dangereuses ».



Au centre, la plage de Nouamghar àNouakchott est confrontée à plusieurs menaces dont le trafic automobile reliant Nouadhibou et Nouakchott, le projet de construction du port de Tanitt et le projet de l'aéroport international de Jreida, la présence du Port de l'Amitié de Nouakchott, le développement important d'activités de pêche centrées sur Nouakchott, la prospection pétrolière, le développement de l'industrie touristique balnéaire et l'exploitation délibérée du cordon dunaire.


Au sud, l'écosystème du Bas Delta a été considérablement modifié depuis la construction du barrage de Diama pour la retenue de la langue saline. Ces modifications sont bien observées au niveau terrestre avec la disparition d'espèces végétales et la prolifération d'espèces invasives. Sur le milieu hydrique, les effets sont mal connus. On peut mentionner la perturbation des cycles vitaux (modifications de circuits migratoires) et la raréfaction de certaines espèces de poissons.


Considérée comme une priorité des politiques de pêche pour son rôle économique et social, la pêche artisanale a connu un grand développement. Ce développement (sans systèmes d'épuration et d'assainissement des déchets liquides et solides, sans routes…), s'il n'est pas contrôlé, risque de poser des problèmes environnementaux. En effet, l'installation et le développement et/ou la prolifération des villages de pêcheurs le long de la côte créent des agressions multiples aux écosystèmes du littoral.


Par ailleurs, les perspectives de l'exploitation pétrolière risquent aussi de porter un énorme préjudice au littoral mauritanien si des mesures draconiennes de prévention ne sont pas rapidement prises. Située près des zones sensibles, cette exploitation peut occasionner des dégâts environnementaux irréversibles.


Le tourisme fait l'objet depuis quelques années d'attention particulière de la part des pouvoirs publics. En effet, certains sites situés sur le littoral, en particulier le Banc d'Arguin, voient la pression touristique augmenter. Les projets d'investissement dans l'industrie touristique se sont multipliés, avec des risques majeurs d'inadéquation avec les caractéristiques de ces sites.

Au nord, le système Baie du Lévrier - Banc d'Arguin couvre une large part (23%) du plateau continental mauritanien dont la superficie est de 39.000 km2. Constituant une large transition entre l’océan et le désert, cette zone est caractérisée par environ 6.000 km2 de hauts fonds (<10m). Du fait de cette étendue exceptionnelle écologiquement peu perturbée, le Banc d'Arguin représente un grand intérêt écologique pour toute la ZEEM. Considéré comme propice à la reproduction des espèces et au grossissement des juvéniles, le Banc d'Arguin fait l'objet d'un transit de millions d'oiseaux migrateurs et de la tortue verte.

La Baie du Lévrier est moins vaste. Certains auteurs la considèrent aussi comme une zone de reproduction des espèces. La zone du Cap Blanc est classée « réserve satellite du PNBA » à cause de la proximité de la colonie des phoques moines. Cette colonie abrite la plus importante population au monde de Monachus monachus, espèce en danger de disparition. Cette colonie a été frappée en 1997 par une catastrophe qui l'a réduite de moitié.

Resultats Attendus

Un modèle de circulation hydrodynamique de la baie du Lévrier et du Banc d'Arguin est mise en place
- Un modèle de circulation hydrodynamique à l'échelle du littoral mauritanien est établi
- Le rôle des écosystèmes du banc d'Arguin, de la baie du Lévrier et de la zone du Delta dans la reproduction et la croissance des juvéniles des stocks halieutiques est précisée
- Un programme de monitoring des espèces halieutiques en zone littorale est mis en place
- Un programme d'étude et de suivi des cycles de production planctoniques est mis en place
- Un suivi des espèces menacées ou en danger (sélaciens, mammifères, tortues) est continué
- Un programme de suivi et de surveillance de la qualité des milieux est mis en place
- Un état « zéro » de la pollution est établi
- Un programme d'étude des impacts des aménagements littoraux est mis en place
- L'occupation et les usages du littoral sont inventoriées
- Un « bilan environnemental du milieu marin » est publié sur une base régulière